Ce mécanisme de survie que je rencontre souvent en séance

Dans mon cabinet à Paris 16ème, je reçois régulièrement des personnes qui me disent : « Je me sens vide », « J’ai l’impression d’être à côté de ma vie », « Parfois je ne me reconnais plus dans le miroir ».
Elles ne comprennent pas ce qui leur arrive.
Ce qu’elles décrivent, c’est la dissociation. Un mécanisme de défense puissant que le cerveau met en place pour te protéger quand la réalité devient trop douloureuse. C’est ton système nerveux qui dit : « C’est trop. Je coupe. »
J’accompagne mes consultants dans ce travail de reconnexion à eux-mêmes. Parce que la dissociation, même si elle a été une protection, finit par devenir une prison. Et il est possible d’en sortir.
Qu’est-ce que la dissociation exactement ?
Définition : un mécanisme de protection du cerveau
La dissociation, c’est une rupture dans la façon dont tu perçois ton corps, tes pensées, tes émotions ou ton environnement. Concrètement, c’est comme si une partie de toi se déconnectait. Tu es là physiquement, mais mentalement, tu es ailleurs.
C’est un mécanisme que le cerveau utilise quand une expérience est trop intense pour être traitée normalement. Plutôt que de te laisser submerger par la douleur, la peur ou l’anxiété, ton système nerveux appuie sur le bouton « pause ». Il te met à distance de ce que tu vis.
Ce n’est ni de la folie, ni de la simulation. C’est une réponse automatique et inconsciente de ton organisme. Une stratégie de survie.
La dissociation vue par la théorie polyvagale
La théorie polyvagale nous aide à comprendre ce phénomène. Quand tu fais face à un danger, ton système nerveux passe d’abord en mode combat ou fuite. Ton cœur s’accélère. Tes muscles se tendent. Tu es prêt à réagir.
Mais quand le danger est trop grand, quand tu ne peux ni te battre ni fuir, ton système nerveux active une troisième réponse : le figement. C’est le nerf vague dorsal qui prend le relais. Ton corps ralentit. Tes émotions s’éteignent. Tu te coupes de toi-même. C’est la dissociation.
Cette réponse est très fréquente chez les personnes ayant vécu des traumatismes, surtout dans l’enfance. Quand un enfant ne peut ni combattre ni fuir une situation dangereuse, la dissociation est souvent sa seule issue.
Comment se manifeste la dissociation au quotidien ?
La dépersonnalisation : ne plus se reconnaître
La dépersonnalisation, c’est quand tu as l’impression de ne plus être toi. Tu te regardes dans le miroir et tu ne te reconnais pas. Tes mains te semblent étrangères. Tu as le sentiment d’observer ta propre vie de l’extérieur, comme si tu étais spectateur de ton existence.
Certaines personnes décrivent cette sensation comme être dans un rêve. Ou derrière une vitre. Elles se sentent déconnectées de leur propre corps, de leurs propres émotions. Comme si rien n’était réel.
La déréalisation : quand le monde autour de toi semble irréel
La déréalisation, c’est quand c’est le monde extérieur qui paraît étrange. Les choses semblent déformées, lointaines, artificielles. Les voix des gens te parviennent comme étouffées. Les couleurs paraissent différentes. Tu peux avoir l’impression que le temps ralentit ou accélère.
C’est très perturbant. Et c’est souvent ce qui fait le plus peur. Mais c’est important de comprendre que ce n’est pas un signe de folie. C’est ton cerveau qui tente de te protéger.
L’amnésie dissociative : des trous dans la mémoire
Certaines personnes qui dissocient perdent des morceaux de leur histoire. Elles ne se souviennent pas de périodes entières de leur enfance. Ou elles oublient des événements récents. Elles retrouvent des objets qu’elles ne se souviennent pas avoir achetés. Elles découvrent des messages qu’elles ne se souviennent pas avoir envoyés.
Ces trous de mémoire ne sont pas anodins. Ils sont le signe que le cerveau a « archivé » certaines expériences pour te protéger de leur charge émotionnelle.
L’engourdissement émotionnel : ne plus rien ressentir
C’est peut-être la forme la plus sournoise de la dissociation. Tu ne ressens plus rien. Ni joie, ni tristesse, ni colère. Tu fonctionnes en mode automatique. Tu fais ce qu’il faut faire, mais tu es vide à l’intérieur.
Les personnes qui vivent cet engourdissement me disent souvent : « Je ne sais même plus ce que j’aime », « Je ne pleure jamais », « Je ne sais pas ce que je ressens ». Ce vide émotionnel est un signe que le système nerveux est bloqué en mode survie.
Quelles sont les causes de la dissociation ?
Le traumatisme : la cause principale
La dissociation est avant tout une réponse au traumatisme. Elle apparaît le plus souvent chez les personnes ayant vécu des expériences traumatiques répétées, surtout pendant l’enfance.
- Maltraitance physique ou émotionnelle.
- Négligence.
- Abus.
- Violences familiales.
- Climat familial instable ou chaotique.
- Un parent imprévisible, qui peut être aimant un instant et menaçant l’instant d’après.
Quand un enfant ne peut pas fuir et ne peut pas se défendre, son cerveau apprend à se couper de la réalité pour survivre. Et ce mécanisme, une fois installé, peut se réactiver à l’âge adulte face à tout ce qui rappelle le danger initial. Même inconsciemment.
L’attachement insécurisant
Un lien d’attachement insécurisant avec les figures parentales peut aussi favoriser la dissociation. Quand un enfant ne se sent pas en sécurité auprès de ceux qui sont censés le protéger, son système nerveux reste en état d’alerte permanente.
À force, le cerveau finit par « disjoncter ». Il se déconnecte pour ne plus souffrir. L’enfant apprend très tôt à couper ses émotions, à se rendre invisible, à ne plus rien ressentir. C’est une stratégie d’adaptation. Mais elle a un coût énorme à long terme.
Le stress chronique et le burn-out
La dissociation n’est pas réservée aux traumatismes majeurs. Un stress chronique intense, un burn-out, une période de surmenage prolongée peuvent aussi déclencher des épisodes dissociatifs. Quand ton système nerveux est saturé depuis trop longtemps, il finit par couper le circuit.
Les signes qui doivent t’alerter
Comment savoir si tu vis de la dissociation ? Voici quelques signes révélateurs.
- Tu as souvent l’impression d’être à côté de ta vie.
- Tu as des trous de mémoire fréquents, sans explication médicale.
- Tu te sens déconnecté de tes émotions, comme anesthésié.
- Tu as du mal à te concentrer, tu es souvent « dans la lune ».
- Tu ne te reconnais pas dans le miroir par moments.
- Tu perds la notion du temps régulièrement.
- Tu fonctionnes en pilote automatique, sans vraiment être présent.
Si tu te reconnais dans plusieurs de ces signes, c’est important d’en parler. À un professionnel de santé.
Ton cerveau a simplement trouvé un moyen de te protéger. Et aujourd’hui, tu peux apprendre à te reconnecter.
Comment sortir de la dissociation ?
Le suivi médical : une base essentielle
Comme pour tout trouble lié au traumatisme, un suivi médical est recommandé. Un psychiatre pourra évaluer la situation, écarter d’autres causes possibles et, si nécessaire, proposer un traitement adapté. Ce suivi médical est complémentaire de l’accompagnement thérapeutique. Les deux ensemble donnent les meilleurs résultats.
Stabiliser le système nerveux : la première étape
Avant d’aller explorer les traumatismes à l’origine de la dissociation, il faut d’abord stabiliser ton système nerveux. C’est la base. Sans cette stabilisation, le travail en profondeur peut être déstabilisant voire contre-productif.
Grâce à la théorie polyvagale, on peut apprendre à reconnaître dans quel état se trouve ton système nerveux. Et surtout, on peut entraîner ton corps à revenir dans un état de sécurité. Progressivement, en douceur.
L’EMDR pour traiter les traumatismes à la racine
L’EMDR est un outil particulièrement adapté pour les personnes qui dissocient. Cette approche permet de retraiter les souvenirs traumatiques qui sont restés « bloqués » dans le cerveau et qui déclenchent la dissociation.
En travaillant sur ces souvenirs, on permet au cerveau de les intégrer normalement. La charge émotionnelle diminue. Et le système nerveux n’a plus besoin de se déconnecter pour se protéger. Le souvenir reste, mais il ne déclenche plus la même réaction.
L’hypnose pour se reconnecter à soi
L’hypnose est un outil précieux dans le travail avec la dissociation. Elle permet d’accéder en douceur aux parties de toi qui se sont « coupées ». Celles qui portent les émotions que tu as dû enfouir pour survivre.
L’hypnose aide aussi à transformer les croyances profondes qui se sont installées avec la dissociation. « Je ne suis pas en sécurité », « Je dois me couper pour ne pas souffrir », « Ressentir est dangereux ». Ces croyances, ancrées dans l’inconscient, peuvent être assouplies.
La thérapie des schémas pour comprendre les patterns
La thérapie des schémas permet d’identifier les schémas précoces inadaptés qui entretiennent la dissociation. Le schéma d’abandon, de méfiance, d’imperfection ou de vulnérabilité sont souvent présents chez les personnes qui se déconnectent régulièrement d’elles-mêmes.
Comprendre ces schémas, c’est comprendre pourquoi tu réagis comme tu réagis. Et c’est le premier pas pour changer ces réactions automatiques.
Mon accompagnement pour les personnes qui dissocient
Un travail progressif et sécurisant
Dans mes séances, j’accompagne mes consultants à leur rythme. Le travail avec la dissociation demande de la patience, de la douceur et beaucoup de sécurité. On ne force rien. On ne brusque rien.
La première étape, c’est toujours de créer un espace sûr. De stabiliser le système nerveux. D’apprendre à reconnaître les signaux de la dissociation quand elle arrive. Ensuite, progressivement, nous allons explorer les blessures à l’origine de ce mécanisme.
J’utilise l’EMDR, l’hypnose, la thérapie des schémas et la théorie polyvagale. Chaque outil a sa place dans ce travail. Et chaque parcours est unique.
L’objectif : te reconnecter à toi-même
L’objectif de cet accompagnement, ce n’est pas de supprimer la dissociation du jour au lendemain. C’est de t’aider à comprendre pourquoi elle est là. De te donner les outils pour te sentir en sécurité dans ton propre corps. Et progressivement, de te reconnecter à tes émotions, à tes sensations, à ta vie.
C’est un chemin. Parfois lent. Mais profondément libérateur.
Un message pour toi qui te sens déconnecté
Si tu te reconnais dans ce que tu viens de lire, je veux que tu saches quelque chose.
Ton cerveau a fait ce qu’il pouvait pour te protéger. Et il a fait un travail remarquable, puisque tu es là aujourd’hui.
Mais cette protection n’a plus besoin d’être aussi forte aujourd’hui. Tu peux apprendre à habiter ton corps à nouveau. À ressentir sans être submergé. À être présent dans ta propre vie.
J’ai vu des personnes se reconnecter à elles-mêmes après des années de vide. Retrouver la capacité de ressentir, de pleurer, de rire vraiment. Ce chemin est possible pour toi aussi.
Si tu veux te reconnecter à toi-même
Si tu souffres de dissociation et que tu cherches un accompagnement thérapeutique en complément de ton suivi médical, je t’invite à prendre rendez-vous pour un appel découverte offert.
Dans mon cabinet à Paris 16ème ou en téléconsultation, je propose des accompagnements adaptés aux personnes qui se sentent déconnectées d’elles-mêmes. Nous travaillerons ensemble, en douceur, pour t’aider à retrouver le chemin vers toi.


